Badr Chacha
Ces dernières années, les réseaux sociaux ont connu une prolifération inquiétante d’annonces suspectes ciblant les Marocains. Ces publications font la promotion de prétendus masters, licences, diplômes techniques ainsi que de divers certificats tels que des attestations de travail, de salaire ou de stage. Ces documents sont proposés contre des sommes d’argent, parfois présentées comme symboliques, sous prétexte qu’il s’agit d’études réelles à distance. En réalité, il n’existe ni formation véritable ni parcours académique légal, et la supercherie n’est souvent découverte qu’après coup.
Derrière ces annonces se cachent de véritables réseaux d’escroquerie, utilisant des méthodes frauduleuses bien rodées. Ils exploitent principalement les ambitions des jeunes à la recherche d’un emploi ou désireux d’améliorer leur situation professionnelle. La promotion de ces offres se fait à travers les principales plateformes de réseaux sociaux, via des publications attractives, des groupes de discussion ou encore des annonces sponsorisées au nom de prétendues institutions. Certaines pages vont jusqu’à se présenter comme des instituts ou des écoles privées.
Le plus alarmant est que certaines de ces entités usurpent l’identité d’établissements privés et commercialisent des diplômes non reconnus, en violation flagrante de la loi. Cette pratique expose les victimes à de graves conséquences juridiques à l’avenir, notamment si ces documents sont utilisés dans un cadre professionnel ou administratif.
Les spécialistes mettent également en garde contre le piège des soi-disant études à distance. Beaucoup de personnes s’y engagent sans vérifier si l’établissement est agréé par l’État, si le diplôme est reconnu par le ministère de l’Éducation ou encore si l’institution dispose d’un siège légal clairement identifié. Dans la majorité des cas, ces offres se révèlent être de simples arnaques, aboutissant à la remise de documents dépourvus de toute valeur juridique.
La circulation de faux diplômes sur le marché du travail constitue un danger réel. Elle nuit à la crédibilité des véritables compétences, instaure une concurrence déloyale et menace la qualité des services, notamment dans des secteurs sensibles. L’utilisation ou la présentation d’un diplôme falsifié peut entraîner des poursuites judiciaires, un licenciement, une perte de crédibilité professionnelle ainsi que des sanctions légales sévères.
Face à cette situation, un appel à la vigilance et à la responsabilité s’impose. Les citoyens, et en particulier les jeunes, sont invités à ne pas céder aux annonces trop alléchantes, à vérifier systématiquement l’agrément des établissements de formation, à consulter les autorités compétentes avant toute inscription et à signaler les pages et comptes suspects.
La lutte contre ce phénomène est une responsabilité collective. Elle commence par la sensibilisation et se poursuit par l’application stricte de la loi. Le diplôme n’est pas une simple feuille de papier, mais le fruit d’un effort, d’un parcours académique et de compétences réelles. Tout raccourci en dehors du cadre légal mène inévitablement à la perte et à la responsabilité juridique.